Je dois dire que j'ai été très touchée par sa proposition : elle a une écriture belle et simple, de cette simplicité qui donne aux mots la justesse de ton d'un enfant, qui rend palpable les émotions, la naïveté, la capacité d'émerveillement de l'enfance.
Voici le début du texte et une première illustration :
"Un jour, dans les couloirs de mon école, j’ai rencontré Ousmane.
Ça me paraît loin, parce qu’il s’est passé beaucoup de choses depuis.
Au tout début de la première seconde de la première minute de notre rencontre, c’était juste « le monsieur avec le balai qui fait le ménage dans ma classe. »
Après l’école, ceux qui restent à l’étude prennent leur goûter dans la cour.
Ousmane faisait souvent sa pause à ce moment-là. Moi, assis sous le seul arbre de la cour, je le regardais.
Comme je le regardais beaucoup, il m’a fait un grand sourire. Un sourire brûlant.
On a commencé à se parler doucement.
Un peu chaque soir, Ousmane et moi, on s’est raconté nos vies, ma toute petite et sa grande histoire à lui.
Son long voyage jusqu’à la France, toutes les routes qu’il a prises.
Il disait sa terre, sa famille perdue, la guerre qu’il a fuie.
Ousmane pleurait un peu parfois, je voyais quand même son sourire sous les larmes.
Lui qui disait toujours : « On n'a qu'une vie, Pierrot ! » … en l’écoutant, moi, j’en vivais mille ! "









